Le mental

 

7 croyances fondamentales :

  • "Il y a toujours un chemin vers la victoire"
    Un match de tennis n'est pas limité par le temps. Tant que l'un des deux joueurs n'a pas remporté le dernier point du match, tout est toujours possible.
  • "Quoi qu'il arrive, c'est un avantage pour moi"
    Il y a tellement de paramètres en jeu dans une partie de tennis (vent, soleil, pluie, balles litigieuses, cordes qui cassent,...) qu'il vaut mieux partir du principe que "Quoi qu'il arrive, c'est un avantage pour moi".
  • "Celui qui veut constamment, réussit forcément"
    Qui aurait parié, après le dramatique accident de Thomas Muster en 1989, que, 6 ans plus tard, il remporterait Roland Garros et accéderait au rang de n°1 mondial ? Personne peut-être à part Thomas Muster lui-même.
  • "L'échec n'existe pas, il n'y a que des résultats sur lesquels je m'appuie pour progresser"
  • "Le possible se trouve juste un petit peu après l'impossible"
    1989 - Quart de finale Roland Garros entre "David" Mickaël Chang, jeune joueur prometteur âgé de 17 ans, et "Goliath" Ivan Lendl, n°1 mondial. 
    Le possible se trouvait pour Chang juste un tout petit peu après ses crampes.
  • "On devient ce que l'on croit être"
    Tout le monde croyait que Borg avec son lift ne pouvait gagner QUE sur terre battue. Le Suédois devait avoir une toute autre croyance puisqu'il a triomphé 5 fois sur l'herbe de Wimbledon. Certains ont dû être surpris.

 

10 automatismes mentaux de base :

  • Voir, entendre, sentir les infos utiles pour le match
  • Percevoir les détails
    Etre attentif au langage du corps de l'adversaire, le moindre changement dans la position du serveur, une tête basse, une démarche soudainement plus traînante sont de précieuses informations. Les paroles que prononcent l'adversaire donnent aussi des éléments intéressants sur son état de nervosité, sur sa confiance et sur sa détermination. Un détail peut parfois tout changer.
  • Rester centré sur soi.
  • Se parler positivement à soi-même.
  • Oublier le négatif, penser au positif.
  • Rester dans le présent pour agir.
  • Aller chercher dans le passé des références pour réfléchir et orienter ses décisions.
    Ecoutons Mickaël Chang pendant l'Open d'Australie 96 :"J'ai dans la tête certains repères très précis qui sont comme des bornes. Parmi celles-ci, il y a des défaites particulièrement cuisantes. Au Masters, il y a quelques années, j'ai mené un set à rien et 4/1 avant de perdre contre Medvedev, idem face à Stich. Et l'an dernier, à l'US Open, je crois que j'ai eu balle de set à chaque manche face à Jim Courier. Pourtant, j'ai perdu en trois sets secs. Ce genre de mésaventures vous reste en mémoire. Il faut savoir finir un match bien engagé et ne pas remettre l'adversaire en course. Ces quelques défaites m'ont marqué, je ne veux pas connaître ce type de situation. Never again."
    En fait, plonger dans le passé à certains moments peut se révéler un exercice très bénéfique. Mais attention, ce retour en arrière doit se faire dans un but très précis et très positif. Il s'agit de rechercher dans le passé ce qui n'a pas marché et de le rayer définitivement de son répertoire, ou au contraire de partir à la recherche de ce qui a marché et le réactiver pour agir dans le présent.
  • Rechercher plutôt qu'éviter
    Vous pouvez chercher à mettre votre deuxième balle dans le carré de service ou éviter de faire une double faute...
  • Aller chercher le point plutôt qu'attendre la faute adverse.
    C'est un automatisme particulièrement intéressant sur les points importants, quand la pression monte. Statitiquement, il est démontré que dans ces moments-là, c'est le joueur qui prend l'initiative qui a raison dans 90% des cas.
    La question est : Est-ce que vous voulez prendre le risque de perdre 1 point sur 10 en ayant l'initiative, c'est à dire, pour présenter les choses autrement, est-ce que vous voulez prendre le risque de gagner 9 points sur 10 ? Ou souhaitez-vous au contraire aborder vos 10 points en cherchant à assurer, en subissant le jeu adverse avec l'espoir que le joueur d'en face vous fera cadeau de ces 10 points ?
    L'expérience montre qu'en subissant le jeu sur les points importants, le pourcentage de réussite est inférieur à 50%. Dans le meilleur des cas, sur 10 points joués, vous en perdrez 5 et vous en gagnerez 5.
    Alors, reposons la question : Voulez-vous gagner 5 points ou en gagner 9 ?
  • Avoir un fil directeur tout en restant flexible pour s'adapter.
    Laissons Brad Gilbert s'expliquer sur le sujet : "Ayez un plan. Un joueur qui a un plan est un joueur qui pense. Même un mauvais plan est meilleur que pas de plan du tout. Un mauvais plan sera détecté et changé par un joueur qui pense. Le résultat sera un meilleur plan. C'est avec de meilleurs plans que l'on gagne des matches."

 

A propos de la détermination :

Elle est le partenaire indissociable de la motivation. Beaucoup de joueurs sont motivés. Rares sont ceux qui sont déterminés. La motivation se mesure avec des mots. La détermination se mesure avec des actes. La motivation est une intention orientée vers le futur. La détermination c'est agir dans le présent. La motivation est purement mentale, la détermination est viscérale.

Comment savoir si je suis vraiment déterminé ? Il suffit de se poser la question après chaque point :
"Est-ce que j'ai mis toute mon énergie dans le point que je viens de jouer, est-ce que je me suis engagé à 100% dans le point que je viens de jouer. Est-ce que j'ai donné 100% de ma concentration, 100% de mon engagement physique, 100% de ma lucidité tactique, 100% de ma volonté ?" La réponse à ces questions est une affaire d'honnêteté entre moi et moi.

On pourrait dire :"Mais il est impossible de mesurer réellement son pourcentage d'engagement." Et c'est vrai. Car il ne s'agit pas d'une mesure scientifique. Cette mesure en fait est totalement subjective. Mais faites confiance à votre intuition. Accordez du crédit à ce que vous ressentez. Prenez l'habitude de mesurer intuitivement votre niveau d'énergie sur une échelle de 0 à 10. Vous serez étonné de constater l'extrême précision de cette mesure instinctive. Prenez l'habitude de mesurer votre niveau d'énergie après chaque point. Si vous êtes à 10, ne criez pas victoire, ne croyez pas que vous avez réalisé un exploit. Vous venez juste de jouer UN point à 100%. Continuez. Point après point continuez. Continuez indépendamment du résultat de chaque point. Que vous ayez gagné ou perdu le point, continuez à vous engager à 100%. Et si vous sentez après un point que votre niveau d'énergie a baissé, réagissez aussitôt. Ne laissez pas s'installer la mollesse, le laisser-aller, l'avarice. Soyez généreux de votre énergie. Dépensez-vous sans compter, de la première à la dernière balle. Le résultat final ne compte plus. Perdre ou gagner un match n'a plus de sens. Seul compte l'engagement total et inconditionnel sur chaque frappe. Là réside la vraie victoire. C'est une victoire sur ses propres limites. Vaincre un adversaire extérieur n'a pas de sens si je n'ai pas d'abord remporté cette première victoire sur moi-même.

Etre déterminé c'est jouer chaque point comme si ma vie en dépendait. C'est jouer chaque point comme si c'était le dernier point que je devais jouer. Etre déterminé, c'est jouer avec l'appétit d'un nouveau-né devant la vie qu'il découvre. C'est jouer comme si c'était le premier point de ma vie. C'est donner à chaque point une valeur unique. C'est me persuader que chaque point est important et mérite que je m'engage à fond, sans retenue, sans fausse timidité, sans réserve.

Extrait de "Tennis - La préparation mentale"
Antoni Girod

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